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L’audiovisuel, locomotive d’un secteur culturel en difficulté

Publié par le 30 janvier 2018

Le dernier jeu de chiffres publié par le département Etudes et Statistiques du Ministère de la Culture établit à près de 45 Mds d’Euro le poids économique direct de la culture en 2016. Ceci contribue donc à hauteur de 2,2% au PIB total français. Cette part de la culture dans l’économie française connaît un déclin lent et continu depuis 2003 (où la part de la culture était de 2,5% du PIB).

Cette tendance globale masque cependant des réalités contrastées selon les filières. L’audiovisuel, qui s’établit en 2016 à 13Mds d’Euro et pèse 30% du secteur culturel français, connaît une croissance soutenue de 1,3% par an depuis 2008. Aux côtés du patrimoine et l’enseignement (qui croissent respectivement de 1,5% et 0,9% sur la même période), il s’agit donc d’une des locomotives du secteur culturel. Cette progression est d’autant plus impressionnante que, dans le même temps, l’économie française dans son ensemble ne progressait que de 0,4% par an.

Croissance annuelle des branches culturelles entre 2008 et 2016

Au sein de la branche audiovisuelle, ce sont les productions télévisuelles et les jeux vidéo qui tirent les chiffres vers le haut. Les productions françaises pour le petit écran se portent bien (avec une croissance 4,2% en 2016), de même que le jeu vidéo français, qui assoit sa place sur le marché mondial et connaît une jolie progression de 20% sur un an. L’édition de musique (à ne pas confondre avec la partie spectacle vivant de la filière musicale) progresse aussi de 5,4% grâce à la transformation des modes de distribution. La crise de 2003-2008 semble définitivement oubliée (pour rappel, ces quelques années avaient vu le marché s’effondrer de près de 11% chaque année).

Ce dynamisme de l’audiovisuel, du patrimoine et de l’enseignement ne suffisent cependant pas à endiguer le lent déclin de l’ensemble du secteur culturel, qui, lui, a décru de 0,4% entre 2008 et 2016. La faute, selon les analystes du Ministère, à un repli structurel des secteurs de la presse et du livre (qui se sont repliés de respectivement 3% et 2,3% chaque année sur la période).

Une petite note positive subsiste : l’activité des acteurs de l’économie numérique (dont le contenu est souvent tout ou partie culturel) n’est que partiellement captée. Il est possible qu’une partie de la valeur créée par la dématérialisation des contenus (notamment dans la presse ou la musique) ne soit pas comprise… Ce qui laisse donc espérer un meilleur tableau quant à la santé du secteur culturel français que celui dépeint ici.

Camille Alcover

A propos de Camille Alcover

Comment concilier exigence artistique et envie de rendre l'art accessible ? Amatrice d'art, c'est surtout avec ses yeux de spécialiste de la stratégie, du marketing et des marques que Camille promène son regard impertinent sur le monde de la Culture, pour trouver des solutions à ces questions très actuelles. camille@cultureveille.fr

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