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« Stimuler la créativité des établissements culturels » : l’ambition de Communicating the Museum

Publié par le 8 septembre 2016

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En novembre, la conférence « Communicating the Museum » revient pour une 17ème édition placée sous le signe de l’engagement, à Québec. Dans une série de rencontres, de tables rondes et d’ateliers qui s’étaleront sur 4 jours, du 15 au 18 novembre, la conférence propose aux établissements de réfléchir à comment mieux engager leurs communautés, leur partenaires ou leurs sponsors.

Des rencontres culturelles internationales

Communicating the Museum conference etablissements culturels

Ce n’est pas la première fois que la conférence, organisée par l’agence française de communication Agenda traverse l’océan. En 2012, la conférence s’était établie à New York, et, plus récemment, en 2014, à Sydney. D’autres éditions de l’événement ont été accueillies à Istanbul, Madrid ou Berlin.

« Nous cherchons à mettre en avant le savoir-faire français dans ces événements, et à stimuler la créativité de nos établissements » nous confie Corinne Estrada, la directrice d’Agenda. « En les faisant rencontrer des grands noms des autres pays (le MoMA, le Rijk, le Tate…), mais aussi des petits musées très dynamiques, et en les mettant au contact de profils issus d’autres milieux – nous avons déjà accueilli la directrice du WWF ou les responsables de l’agence qui a orchestré la campagne twitter du président Obama pendant les présidentielles – nous voulons amener de l’air frais dans les milieux culturels français ».

Si les premières conférences s’articulaient avant tout autour du monde des musées, de plus en plus, la conférence s’ouvre aux autres domaines culturels. Selon Corinne Estrada, « à Sydney en 2014, nous avions déjà 50% d’art vivant face à 50% d’arts visuels ». De quoi nourrir les ambitions culturelles universelles de la conférence.

Du partage d’idées…

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S’il est un autre domaine dans lequel la conférence cherche à affirmer sa position, c’est celui de l’actionnabilité de ses enseignements. Le format des interventions se veut avant tout concret et participatif, sous forme d’atelier en petits groupes, et s’éloigne résolument du format magistral des conférences plénières, qui se prêtent mal au partage d’expérience.

« L’idée derrière ces conférences, c’est de faire fonctionner l’intelligence collective. On fait intervenir des professionnels de la communication, de la levée de fonds, du marketing. On s’intéresse aussi aux start-ups, qui nourrissent le monde culturel de façon différente : ce sont des jeunes, ils innovent, bousculent les idées reçues, proposent de nouvelles solutions aux établissements… Nous réunissons tous ces profils dans un espace commun de réflexion pour faire émerger des idées concrètes, nouvelles ».

… A la mise en oeuvre ?

Ce format concret suffit-il pour autant à faire entrer les idées nouvelles dans les musées français ? La directrice d’Agenda l’avoue : « en France, on a des lourdeurs administratives, il y a beaucoup de décisionnaires à convaincre, de multiples niveaux de validation… C’est difficile d’innover« . Par ailleurs, il est parfois difficile de faire venir les directeurs d’établissement ou les directeurs du développement à des événements comme celui-là. « Historiquement, ce sont toujours les DirCom [Directeurs de la Communication] qui venaient ». Charge à eux ensuite de répandre la bonne parole en interne et de se charger de la délicate mission de faire bouger les lignes.

La conférence mise beaucoup sur les plus petits musées, où les hiérarchies plus compactes permettent de prendre des décisions plus rapidement, pour adopter les nouvelles pratiques – à l’exemple du musée Rodin et de sa campagne « 1 euro pour 1 Rodin », qui avait été présenté lors d’une autre conférence organisée en début d’année par l’agence.

communicating the museum

Pour les grands établissements, c’est peut-être de l’interaction avec des structures plus jeunes et plus agiles que naîtront les nouvelles idées. En France, le musée du Louvre a ainsi accueilli l’an dernier une équipe d’étudiants du Celsa qui a réfléchi à de nouvelles sources de revenus pour le musée ; c’est encore le Louvre qui interviendra dans la conférence à Québec pour évoquer sa collaboration avec Will.i.am ou encore avec des Youtubers, qui lui ont permis d’attirer un public plus jeune dans l’enceinte de ses vénérables murs.

Camille Alcover

A propos de Camille Alcover

Comment concilier exigence artistique et envie de rendre l'art accessible ? Amatrice d'art, c'est surtout avec ses yeux de spécialiste de la stratégie, du marketing et des marques que Camille promène son regard impertinent sur le monde de la Culture, pour trouver des solutions à ces questions très actuelles. camille@cultureveille.fr

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