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Entreprendre dans la culture à Dijon, « c’est pas très compliqué »

Publié par le 9 novembre 2016

Pour Frédéric Ménard, le président de la Coursive Boutaric, qui organise à Dijon le prochain forum Entreprendre dans la Culture, l’entrepreneuriat culturel peut s’envisager à tout âge, quel que soit le niveau d’expérience des apprentis entrepreneurs. Moyennant un bon accompagnement, « c’est pas très compliqué d’entreprendre ». Et justement, l’accompagnement, c’est une des nouveautés que propose le Forum de la région Bourgogne Franche-Comté.

Forum Entreprendre dans la Culture - Rencontres Professionnelles à Dijon en 2015

Un incubateur éphémère pour faciliter l’émergence des jeunes projets culturels

Cette année, le Forum Entreprendre dans la Culture s’installe dans les régions. En novembre, ce sont pas moins de 3 forums qui vont avoir lieu à Toulouse, Lyon puis Dijon. Pour la version bourguignonne, les organisateurs ont pris le parti de rendre l’expérience aussi pratique et concrète que possible. La Coursive et la BSB (Burgundy School of Businss, le nouveau nom de l’ESC Dijon) ont ainsi décidé de mettre en place un incubateur éphémère.

Le 4-4-2 (c’est le nom de cette initiative) proposera à une petite poignée de projets de bénéficier d’un accompagnement condensé sur 2 jours et de pouvoir « pitcher » (présenter leur projet à l’oral) devant un jury de potentiels partenaires et investisseurs. Les candidats à cet accompagnement peuvent télécharger le dossier sur la page dédiée du site de la Coursive. Jeunes professionnels et étudiants sont donc invités à se lancer sur le terrain de l’entrepreneuriat culturel et créatif.

Le but de l’initiative ? Aider de jeunes projets culturels à émerger, mais aussi démontrer les bénéfices d’un accompagnement dédié.

Monter son projet culturel oui, mais bien accompagné

Se lancer dans l'entrepreneuriat culturel en étant accompagné : la mission de la Ccoursive Boutaric

Si l’entrepreneuriat fait peur autant qu’il fascine, pour Frédéric Ménard, « il faut passer à l’acte ». « L’argent, ça se trouve, quand on a un bon projet », affirme-t-il, avant de poursuivre : «  il y a un vrai intérêt de la part de l’économie classique pour les projets culturels ». Mais encore faut-il avoir un « bon » projet… D’où la nécessité de bien réfléchir son modèle d’activité, de l’analyser, le décortiquer, l’adapter ; et pour cela, rien ne vaut un solide accompagnement.

« L’entrepreneur culturel est un entrepreneur comme les autres, mais il n’a pas nécessairement les compétences inhérentes au processus de développement d’une entreprise ». En effet, selon le président de la Coursive, l’entrepreneuriat culturel est avant tout l’affaire de passionnés, qui étudient ou ont travaillé eux-mêmes dans le domaine culturel. Ils maîtrisent donc en partie l’écosystème et ont les bons réseaux. En revanche, les compétences liées à la structuration – qu’on parle de stratégie, de marketing ou de comptabilité – font le plus souvent défaut. Et pour qu’un projet soit crédible, pour que l’entrepreneur lui-même « parle le même langage » que ses partenaires et investisseurs, il est toujours bénéfique, voire indispensable, d’acquérir les outils et de s’adapter au référentiel du monde du « business ».

Dijon, terreau fertile pour les futurs entrepreneurs culturels

Frédéric Ménard, président de la Coursive Boutaric lors du Forum Entreprendre dans la Culture 2015 à Dijon

Frédéric Ménard, président de la Coursive Boutaric

A Dijon, les entreprises culturelles et créatives sont bien représentées. Sur le territoire du Grand Dijon, « 1200 entreprises de l’économie culturelle et créative ont été répertoriées ». Chaque année, ce sont plusieurs centaines d’étudiants qui sont diplômés de la filière dans les différentes écoles de management des métiers culturels. Bon nombre d’entre eux, face à un environnement en mutation et des débouchés parfois incertains, se posent la question d’entreprendre pendant la durée même de leurs études. Pourtant, selon Frédéric Ménard, si dans les grandes villes telles que Paris, Lyon ou Toulouse, les entrepreneurs culturels sont considérés comme des acteurs économiques à part entière, dans de plus petites agglomérations, « on n’en est pas encore là ».

Promouvoir la filière et impulser une dynamique politique pour une meilleure prise en compte de ces acteurs au niveau local : c’est autour de ces ambitions que s’est développée la Coursive Boutaric. Installé depuis 2010 à Dijon, ce PTCE (Pôle Territorial de Coopération Economique) est dédié à la filière culturelle et créative. Sa mission est d’accompagner ses membres (designers, graphiste, radio, salle de musiques actuelles, compagnie de théâtre…), et tous les acteurs de la filière, dans le développement de leur activité. Via des actions de formation, le développement de projets collectifs et la mise en place de services mutualisés, l’action collaborative du pôle entend favoriser l’entrepreneuriat culturel et créatif.

C’est bien là tout l’objet des Rencontres de l’Entrepreneuriat Culturel et Créatif (le nom donné au Forum Entreprendre dans la Culture à Dijon). Tisser des liens avec les acteurs locaux, échanger avec des experts, se former sur des sujets aussi variés que le digital dans le patrimoine, les ressources humaines, les modalités de financement de l’entreprise culturelle… L’événement met à disposition des (futurs) entrepreneurs l’expertise locale de la filière.

L’expérimentation autour de l’incubateur éphémère s’inscrit dans cette volonté de faciliter, dès ses tous premiers pas, l’initiative dans le secteur. En combinant l’expertise de la Coursive dans le domaine culturel et les compétences de la BSB sur les aspects les plus « business » de l’entrepreneuriat, c’est la possibilité d’apporter de la valeur aux entrepreneurs dès les stades les plus précoces de leur aventure qui est testée. Avant, peut-être, de mettre en place un dispositif d’incubation plus permanent ?

Les Rencontres de l’Entrepreneuriat Culturel et Créatif (Forum Entreprendre dans la culture) auront lieu à Dijon les 23 et 24 novembre prochains. Il sera organisé conjointement par la Coursive Boutaric et la Burgundy School of Business.

Le 4-4-2, incubateur éphémère, aura lieu en parallèle des rencontres. Il permettra à de jeunes ou futurs entrepreneurs d’être accompagnés pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, et de présenter leur projet à un jury de professionnels. L’accompagnement portera notamment sur la construction du modèle économique (business model) et sur la présentation des projets à l’oral (le « pitch »).

Les « entraîneurs » :

Le jury :

  • Cécile RIVOIRE, expert-comptable, Audit Gestion Conseil, membre du Club Entreprises et Mécénat BFC
  • Frédéric MENARD, directeur de Zutique Productions, président de La Coursive Boutaric
  • Daniel DUCREUX, vice-président des Bourgogne Angels
  • Bourgogne Entreprendre
  • Catherine SIMEON, APARR
  • Gonzague LAURENT, directeur de Bourgogne Active

Pour tous les renseignements et le dossier de candidature, visitez la page de la Coursive Boutaric.

Crédits photo : La Coursive Boutaric

Camille Alcover

A propos de Camille Alcover

Comment concilier exigence artistique et envie de rendre l'art accessible ? Amatrice d'art, c'est surtout avec ses yeux de spécialiste de la stratégie, du marketing et des marques que Camille promène son regard impertinent sur le monde de la Culture, pour trouver des solutions à ces questions très actuelles. camille@cultureveille.fr

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