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Forum European Lab : la Culture comme outil de lutte démocratique

Publié par le 3 mai 2016

Demain s’ouvre le Forum European Lab à Lyon. Du mercredi 4 au vendredi 6 mai 2016, le Forum (dont le crédo est « imagine la culture de demain ») propose une programmation éclectique sur le thème « Europe de la Culture : Année Zéro ».

Cultureveille est sur place pour suivre l’édition 2016 du forum European Lab, dont la programmation, que nous vous avions présentée, est résolument orientée sur la prospective culturelle, et la place de la culture dans la société. Il y a quelques jours, nous rencontrions Vincent Carry, directeur et fondateur d’Arty Farty (l’association qui organise le forum). Celui-ci nous a exposé la mission du Forum European Lab, ainsi que sa vision du rôle de la culture dans les grandes initiatives démocratiques

La Culture pour dépasser la crise

Vincent Carry débute son propos avec un double constat : celui de la crise démocratique qui alimente depuis quelques années l’actualité en France comme à l’étranger ; et celui de la crise du projet européen qui peine à retrouver son souffle et doit faire face à des critiques de plus en plus virulentes de la part même de ceux qui, étant « European Natives » (nés après l’avènement du projet européen), devraient s’en sentir le plus proches.

A ces deux maux, le fondateur du Forum European Lab oppose le même remède : la culture. Une Culture qui, pour lui, est à la fois un outil de contestation et de lutte, et une force de reconstruction. Revaloriser la culture, et revaloriser les jeunes générations, sont pour lui deux éléments indispensables à la reconquête d’un véritable optimisme, d’une bonne volonté et d’une bienveillance mutuelle entre les peuples, seules armes capables de riposter au « défaitisme ambiant » qui mine le débat européen.

Musée Confluences - European Lab édition 2016 du 4 au 6 mai

Un besoin de reconnexion entre la Culture et les réalités des jeunes générations

European Lab - interview de Vincent Carry

Vincent Carry, qui dirige également les incontournables Nuits Sonores – le festival de musique électronique qui accompagne et prolonge le forum European Lab – nous entraîne ensuite sur le terrain de la nécessité de « reconnecter » la Culture et les jeunes générations. Selon lui, un fossé est en train de se créer entre ces dernières et la version « institutionnelle » de la culture – celle que soutiennent les politiques culturelles.

Selon Vincent Carry, il devient crucial de réaffecter les moyens de manière à laisser plus de part à l’émergence ; faute de quoi, on s’achemine vers le problème « potentiellement très grave » d’un lent découplage entre la réalité de la jeune création et la culture telle qu’elle est présentée par les instances les plus traditionnelles de la culture.

Les entreprises culturelles doivent rester indépendantes

Dans les propos de son fondateur, se distingue enfin l’attention que porte Arty Farty (qui va inaugurer prochainement son propre incubateur culturel, l’Hôtel 71) à l’entrepreneuriat culturel. Vincent Carry parle de l’ « émulation extraordinaire » qui existe actuellement autour des initiatives proposées par de jeunes porteurs de projets, en même temps qu’il souligne la grande complexité qu’il y a à faire éclore et pérenniser celles-ci.

C’est de la compréhension de cette difficulté que naît l’engouement actuel autour des incubateurs culturels. Lieux de rencontre et de partage, ils promeuvent une « autre façon de concevoir des projets » tout en préfigurant une évolution plus profonde des modes de travail : plus mobiles, plus souples, en un mot : plus « indépendants ».

Selon son fondateur, c’est cette indépendance de la culture qu’Arty Farty s’attache à défendre. Lorsque celle-ci est mise à mal et que les intérêts capitalistes s’en mêlent, c’est l’intérêt général qui souffre. Selon Vincent Carry, fondateur d’un véritable écosystème culturel à Lyon, qui a la particularité d’être quasiment auto-financé, le défaut des politiques publiques aujourd’hui ouvre la voie à des prises de participation de la part d’actionnaires privés qui ne comprennent pas que la culture « ne se rationalise pas comme n’importe quel autre secteur ».

Musée Confluences - European Lab édition 2016 du 4 au 6 mai

Camille Alcover

A propos de Camille Alcover

Comment concilier exigence artistique et envie de rendre l’art accessible ? Amatrice d’art, c’est surtout avec ses yeux de spécialiste de la stratégie, du marketing et des marques que Camille promène son regard impertinent sur le monde de la Culture, pour trouver des solutions à ces questions très actuelles. camille@cultureveille.fr

One Comment

  1. doc kasimir bisou

    3 mai 2016 at 20:53

    étonnant que Vincent Carry vante les nouveaux entrepreneurs culturels offrant des nouveaux produits sur le marché, tout en se plaignant du capitalisme et de sa concurrence généralisée!!!! on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…. Je conseillerai plutôt aux nouveaux porteurs de projets de regarder du coté des droits culturels, donc du coté de la liberté effective de s’exprimer sous des formes artistiques, qui maintenant s’imposent comme références obligatoires aux responsables publics ( Loi NOTRe article 103). Mais Vincent Carry a l’air d’ignorer cette voie.

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