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Musées : 3 tendances à ne pas rater 2/3

Publié par le 29 novembre 2016

« En tant qu’individus, nous recherchons l’innovation, le changement. Pourquoi, en tant qu’institutions, sommes-nous aussi frileux ? » Ainsi nous interpelle Adam Rozan du Worcester Art Museum. Selon lui, non seulement les images poussiéreuses ne parlent plus aux visiteurs… Mais elles ne plaisent pas non plus aux employés. Qui souhaite s’identifier à une marque solennelle, campée sur des positions de plus en plus déphasées d’avec les préoccupations du monde moderne ?

Prendre des risques et adopter un ton de communication moins guindé et plus authentique serait donc clé pour garantir l’engagement des audiences comme du personnel.

Certains établissement n’hésitent pas à s’engager dans la voie d’une communication moins institutionnelle. Dream On, l’agence qui a orchestré la refonte de l’identité de l’Opéra de Paris, affirme : « les publics ne se déplacent pas pour voir des collections ou des danseurs. Ils veulent de l’émotion ». On ne voit donc plus les étoiles du ballet dans les campagnes de l’établissement, mais plutôt des images qui appellent au rêve.

Un parti-pris qui n’est pas toujours évident à défendre : autant l’ancienne direction artistique soutenait cette approche novatrice, autant la nouvelle préférerait revenir à des images plus conventionnelles de ballerines et de tutus…

Dépassée, la communication « corporate » ? Le Louvre (encore lui !) va encore plus loin en livrant les clefs de son image non pas à une agence mais à… De jeunes youtubers. Dans son initiative « carte blanche à », le prestigieux établissement a ouvert ses portes à 3 youtubers qui ont choisi de mettre en avant une image bien décalée de celle que l’on connait. Le Louvre dans les films, l’histoire ou vu au travers de ses anecdotes les plus méconnues : ce sont de nouvelles facettes du musée que l’on découvre par leurs yeux.

Bousculer la communication ne suffit pas à certains établissements, qui s’interrogent aussi sur l’expérience à l’intérieur des murs. Pour en finir avec l’image routinière du visiteur consultant un à un les cartels, le MoMA a par exemple décidé d’organiser des « quiet morning ». Ainsi, les mercredi d’octobre ont vu les étages du musée investis par des cours de meditation autour, par exemple, des Nénuphars de Monet. Le Musée des Beaux Arts de Montréal quant à lui n’a pas hésité à organiser autour de Mapplethorpe, photographe célèbre pour ses nus, une visite… Naturiste. Et a osé dédier le hall entier de l’introduction à l’exposition à la cause LGBT. On salue leur engagement, qui tranche radicalement avec l’expérience consensuelle des visites traditionnelles.

Visite du Musée des Beaux Arts de Montréal - exposition Mapplethorpe visite naturiste
Musée des Beaux Arts de Montréal - visite de l'exposition Mapplethorpe en mode naturiste Crédit photo : MBAM/Sebastien Roy

Camille Alcover

A propos de Camille Alcover

Comment concilier exigence artistique et envie de rendre l'art accessible ? Amatrice d'art, c'est surtout avec ses yeux de spécialiste de la stratégie, du marketing et des marques que Camille promène son regard impertinent sur le monde de la Culture, pour trouver des solutions à ces questions très actuelles. camille@cultureveille.fr

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